Entretien avec Grégory Bénarib: " Pourquoi, j'ai décidé de quitter l'ACBB football "

COMMUNIQUE OFFICIEL :

 

« Grégory Bénarib, entraîneur historique des seniors de  l’ACBB football – depuis 2009  -, a décidé cette semaine de ne pas renouveler son contrat qui court  jusqu’en juin. Le président Gérard Fraioli a souhaité le reconduire mais il s’est heurté à un refus poli et définitif. Notre ami Greg a été sensible à cette proposition et l’en remercie pour sa confiance.  Décision acceptée et validée à contre cœur par le bureau du club. Au delà de l’émotion suscitée, cette décision est toute à l’honneur de Grégory. Suite à sa relégation en National 3, l’ACBB football devait nécessairement amorcer un virage serré sur la route de son évolution. En grande partie, grâce à son investissement hors normes depuis plus de 10 ans et ses compétences techniques et managériales, le club de Boulogne-Billancourt a acquis une magnifique notoriété et un réel  développement sportif. Tous les adhérents et bénévoles lui sont à jamais redevables. Un grand merci appuyé Monsieur Bénarib. Vous êtes une belle personne. »

Dans ce contexte, il se confie sans concession auprès de ACBB FOOT. 

 

ENTRETIEN AVEC GREGORY BENARIB.

 

1/ACBB FOOT : Grégory, au grand regret des supporteurs de l’équipe fanion, tu as décidé de mettre fin à ta collaboration avec l’ACBB football. Peux-tu nous rappeler ton parcours durant cette période ?

 

Grégory Bénarib : Je conclus un cycle de 11 ans au club, 10 ans avec les séniors. J’ai débuté au club comme responsable des U15 et en charge de la 15DH. Cette année là, un projet séniors a échoué dès décembre où les ¾ des joueurs de l’équipe première sont partis. Il a fallu composer avec les joueurs restants avec l’apport de 2-3 jeunes U19. Début janvier, lors d’une discussion au club house avec Claude Sire (directeur sportif à cette époque), je lui ai proposé mes services de joueur au cas où il fallait faire le nombre, en sachant que j’avais arrêté depuis juin dernier. J’ai donc fini la deuxième partie de saison avec les séniors. Je continuais à entraîner les 15 et les suivre pendant 1 mi-temps le dimanche, puis je partais jouer. Nous nous sauvons en DSR lors de la dernière journée.

En fin d’année, les dirigeants m’ont proposé 2 projets : suivre la génération en 16 nationaux ou reprendre les séniors. J’ai donc opté pour la deuxième proposition, à condition de repartir qu’avec des jeunes (nous avions conservé uniquement 5 séniors sur les 2 équipes séniors).

Nous avons réussi 3 montées en 5 ans, avec une belle saison il y a 2 ans où nous étions 1er aequo  à 3 journées de la fin du championnat.

 

 

2/ACBB FOOT : Quels ont été tes meilleurs souvenirs?

 

GB ; L’aventure humaine que j’ai eu avec mon staff (Pascal Rosé et Claude Sire compris),

* Les matchs des montées, en particulier à Chartres (nda CFA)

* Le 64ème en coupe de France contre Beauvais (CFA) à Issy (nous étions en    DH). nous avons perdu aux penalties.

 

3/ACBB FOOT : Et les pires?

 

GB: Le décès de Dan Pululu (nda Gardien de but de l’équipe et issu du club)

 

 

4/ACBB FOOT : Sincèrement, quels ont été les facteurs qui t’ont influencés dans la prise de cette décision ?

 

GB : Je souhaite prendre du temps pour moi et ma famille lors de ces prochains mois. J’ai un travail qui m’impose beaucoup de disponibilité et d’investissement (directeur d’un sport étude privé (SEDP) en plus de coacher. Je souhaite vraiment passer du temps avec ma famille. Je vais prendre du recul pour aller sur les terrains, voir d’autres cultures de football, chose que je n’ai plus trop fait ces derniers mois

 

 

5/ACBB FOOT : Nous sommes relégués en National 3, Grande déception malgré d’ultimes espoirs. Comment l’analyses-tu ? Que nous a-t-il manqué ? Avons-nous mis tous les moyens nécessaires et indispensables pour éviter ce scénario catastrophe ?

 

 

 

GB : C’est une grosse déception car nous n’avons jamais été dépassé par le niveau N2. Nous avons constamment proposé du jeu, maitrisé souvent les scénarios avec de gros temps forts lors des matchs, mais sans marquer. Nous nous sommes exposés à de nombreux contre que nous n’avons pas su gérer. A ce niveau, il faut être efficace sur l’aspect offensif car il y a un gros combat tactique (surtout dans cette poule) et les actions nettes ne se multiplient pas au cours d’un match. Les joueurs ont perdu de la confiance au fil des matchs retour, surtout après les 2 matchs consécutifs de Mantes (on a une quantité énorme d’occasions et on prend un contre à la 94è après un corner et avoir touché le poteau) et Poissy (on menait 0-2 au bout de 25 min, on perd 4-2). Lors des 2ème mi-temps, nous avions cette crainte de prendre des contres alors que nous étions en possession. Donc nous n’arrivions plus à aller au bout de nos actions

6 /ACBB FOOT : As-tu des regrets, voire des colères refoulées ?

 

GB :  Non pas de colères, des constats pour éviter de reproduire cette situation. Il est important d’avoir des réponses à toutes les questions, réflexions que nous avions avec le staff, et c’est le cas aujourd’hui.

 

7/ACBB FOOT : La question qui s’impose et qui intéresse tous ceux qui t’apprécient : Comment envisages-tu ton avenir?

 

GB : Continuer à me former, échanger. Rester au contact du foot, mais aussi des sports car je suis pluridisclinaire J’aime pratiquer et échanger avec les sports individuels et collectifs

 

 

 8/ACBB FOOT : Nous te laissons le loisir de conclure cet entretien.

 

GB Merci à tous ceux qui nous ont suivi depuis toutes ces années, aux joueurs que j’ai eu, aux coachs du club avec qui j’ai travaillé, aux dirigeants.

A très vite sur les terrains !

 

Propos recueillis par Michel Leroux – Mai 2019

 

PARU DANS LE PARISIEN DU 1er JUIN 2019:

 

" Bénarib dit stop à l'ACBB

Après "une belle aventure humaine de dix ans", comme il le dit lui-même, Grégory Bénarib (41 ans) a décidé de quitter l'ACBB malgré une proposition de prolongation de ses dirigeants.

" Javais pris ma décision en mars mais ça faisait déjà un an que je me tâtais, confie celui qui a fait passer le club de la DSR au N2. On annonçait régulièrement des projets au club mais finalement il ne se passait rien. C'était compliqué à gérer auprès des joueurs."

La relègation en N3 n'a donc pas influencé son choix. " Ca reste un échec, mais il y a deux ans je me posais déjà la question de savoir si je n'étais pas en fin de cycle, poursuit Bénarib. On a fait monter le club au plus haut niveau national en fonction de ses moyens. Mais on ne pouvait pas faire de magie tous les ans." Directeur des projets de Sports Etudes Académy, à Paris, l'intéréssé va profiter de cette pause pour "aller à la rencontre d'entraîneurs en France et à l'étranger pour continuer à avancer." "

Après avoir permis au club de Boulogne-Billancourt de passer de la DSR au N 2 en 10 ans, Grégory Benarib a décidé de prendre du recul. Il explique pourquoi.

 
C’est la fin « d’une belle aventure humaine de 10 ans », comme il le dit lui-même. Après une décade passée sur le banc de l’ACBB, Grégory Benarib (41 ans) a décidé de quitter le club malgré la proposition de prolongation des dirigeants boulonnais. « J’avais pris ma décision en mars mais ça faisait déjà un an que je me tâtais, confie celui qui a permis au club de passer de la DSR au National 2. On annonçait régulièrement des projets au club mais finalement il ne se passait rien. C’était compliqué à gérer auprès des joueurs. Il n’y avait pas de visibilité sur les prochains mois. Beaucoup de joueurs ont fait des efforts. »

« On ne pouvait pas faire de magie tous les ans »

La relégation en N 3 n’a donc pas influencé son choix. « Je suis un compétiteur, donc ça reste un échec, mais il y a deux ans je me posais déjà la question de savoir si je n’étais pas en fin de cycle, poursuit Benarib. On a fait monter le club au plus haut niveau national en fonction de ses moyens. Mais pour exister en N2 il faut que ce soit un projet global, mené par un département ou une région. Ce n’était pas le cas ici. On ne pouvait pas faire de magie tous les ans. » Cette pause n’est cependant pas une fin pour celui qui est également directeur d’un sport-études à Paris. « Je vais aller à la rencontre d’entraîneurs en France et à l’étranger pour continuer à avancer. J’avais l’impression de stagner, ça ne me correspond pas à mes valeurs. J’ai besoin de souffler pour revenir plus frais. Mais ça reste une belle aventure, avec de belles rencontres. Je ne retiens que du positif. »