Les bénévoles,ces serviteurs du football amateur...

Ils font le football amateur, ils sont le football amateur. Dans les quatre coins du pays, ils sont des dizaines de milliers à s’investir quotidiennement dans les petits clubs de football, à permettre la survie de ces structures sportives, éducatives et sociales. Peu importe leur rôle au sein des clubs, ces bénévoles sont les pièces maîtresses du football amateur. Sans eux, rien ne serait possible.

Mais comme tout ce qui est précieux, ils sont aujourd’hui de plus en plus rares à donner de leur temps et de leur argent. Paradoxalement, malgré des bénévoles toujours plus nombreux au sein des quelques 1 300 000 structures associatives en France, le manque de reconnaissance, des contraintes administratives toujours plus importantes ou encore l’augmentation du nombre d’associations sont autant de raisons qui expliquent cette désaffection récente pour le football amateur.

Si la plupart des clubs continuent à vivre grâce à ces femmes et ces hommes de l’ombre, ils sont de plus en plus nombreux à subir de plein fouet ce désamour. Chaque jour en France, plusieurs d’entre-eux baissent le rideau, souvent par manque de moyens, financiers ou humains. Depuis plusieurs semaines, des centaines de présidents tirent la sonnette d’alarme et alertent sur cette crise croissante. Même si la convivialité et l’esprit de famille restent des atouts non négligeables, le manque de reconnaissance est aujourd’hui un problème majeur, dont certains politiques, et notamment locaux, ont compris la force et l’importance de l’enjeu.

Une réflexion doit être menée, des travaux doivent être entrepris pour que le bénévolat puisse être considéré à sa juste valeur, à la hauteur du rôle essentiel et capital qu’il joue dans nos campagnes, dans nos villages, dans nos villes et nos quartiers. La force de cette action est trop forte pour qu’elle ne soit délaissée et mise au second plan, l’enjeu est bien trop important pour qu’il ne soit galvaudé. Le temps presse, les acteurs doivent réagir et travailler ensemble pour trouver des solutions. À terme, c’est l’avenir du football amateur qui est en jeu…

 

Commentaire de :

« Dyana Douadi  -LE BENEVOLE

Le bénévole (activus bénévolus) est un mammifère bipède qu’on rencontre surtout dans les associations où il peut se réunir avec ses congénères ; les bénévoles se rassemblent à un signal mystérieux appelé ‘convocation’. On les rencontre aussi en petits groupe dans divers endroits, quelquefois tard le soir, l’œil hagard, le cheveu en bataille et le teint blafard, discutant ferme sur la meilleure façon d’animer une manifestation ou de faire des recettes supplémentaires pour boucler son budget.

Le téléphone est un appareil qui est beaucoup utilisé par le bénévole et qui lui prend beaucoup de son temps, mais cet instrument lui permet de régler les petits problèmes qui se posent au jour le jour.

L’ennemi héréditaire du bénévole est le ‘yaqua’ (nom populaire) dont les origines n’ont pu être à ce jour déterminées ; le ‘yaqua’ est aussi un mammifère bipède, mais il se caractérise surtout par un cerveau très petit qui ne lui permet de connaître que deux mots ‘y-a qu’à’, ce qui explique son nom.

Le ‘yaqua’, bien abrité dans la cité anonyme, attend. Il attend le moment où le bénévole fera une erreur, un oubli, pour bondir et lancer son venin qui atteindra son adversaire et provoquera chez celui-ci une maladie très grave : ‘le découragement’.

Les premiers symptômes de cette implacable maladie sont visible rapidement : absences de plus en plus fréquentes aux réunions, intérêt croissant pour son jardin, sourire attendri devant une canne à pêche et attrait de plus en plus vif qu’exercent un bon fauteuil et la télévision sur le sujet atteint.

Les bénévoles décimés par le découragement risquent de disparaître et il n’est pas impossible que, dans quelques années, on rencontre cette espèce uniquement dans les zoos où, comme tous ces malheureux animaux enfermés, ils n’arrivent plus à se reproduire.

Les ‘yaqua’, avec leurs petits cerveaux et leurs grandes langues, viendront leur lancer des cacahuètes pour tromper l’ennui, ils se rappelleront avec nostalgie du passé pas si lointain où le bénévole abondait et où on pouvait le traquer sans contrainte.

L’ACTIVUS BENEVOLUS »